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28/07/2017

Le cancre et le bon élève de la Nobserverie


C’était dans la classe de la maîtresse(*) Hélène Van Camp. Le cancre immédiatement repéré par la maîtresse était le teneur du présent blog devenu naturellement la tête de turc des élèves lèche-culs. Le bon élève était Thierry Semo qui se disait frère de Binjamin Wilkomirski, auto-titré manieur de mots pour ses histoires autobiographiques. Et sa meilleure muse était justement le cancre qui lui inspira cette nouvelle :

13.03.2010

Et une douzaine pour la 5 !



« Moi j'ai connu la guerre ! La 2007–2010 ! La guerre d'Abou contre Abou, qu'on a encore appelée la Guerre des Nerfs... Je viens de décider unilatéralement d'y mettre un terme. Il me faut tourner la page, cesser mon feu. Je sais que je n'arriverai plus à rien contre moi-même, seulement me faire souffrir encore. Et faire souffrir encore au dehors, évidemment !
Je me suis signé un armistice, au Revenez-y, à 16h30. Le Revenez-y est le bar qui fait l'angle de la rue Muller et de la rue de Clignancourt, aujourd'hui un écailler y avait installé son étal et proposait la douzaine de bonnes grosses huîtres pour 10 €. C'est ça qui m'a décidé. J'aime beaucoup les huîtres, j'ai passé commande. Prenant place à ma table dans le fond de la salle je me suis soudain interrogé :
‟Et si je me faisais la paix ?ˮ
Quand l'assiette de l'écailler s'est retrouvée devant moi avec le verre de Chablis gracieusement offert, la vision surprenante que j'ai eu de ces mollusques reposant au fond de leur eau, mollusques tranquilles, paisibles, sages je dirais, au final mollusques confiants, voilà, confiants - tout l'opposé de ce que je ressens généralement dans mon être tourmenté - cette vision m'est apparue comme la confirmation magistrale, le signe que les temps étaient advenus. C'est possible me suis-je dit, vois ici la beauté offerte, ces verts pâles et ces nacres, vois le laiteux des chairs comme un chant pastoral, vois, comprends, et rejoins la paix des huîtres !
J'ai beurré le pain en idéographe chinois, j'ai piqué le citron en invoquant Ton Nom,
Et je me suis fait la paix !
Je me la suis gobée pour être plus précis. Calmement, consciencieusement, avec de la sauce à l'échalote aussi un peu, mais je préfère quand même le citron.
J'ai d'abord gobé mes rancœurs. Bien grasses mes rancœurs, à vous étouffer, telle parole blessante, tel rire un peu hautain, même ce petit sourire condescendant lorsqu'il s'agrippe à votre mémoire et vous triture le cœur, des heures et des heures ! Que cela qui s'est dit, s'est dévoilé et qui m'a blessé, que cela rejoigne à jamais le grand océan aux algues lentes, aux remous d'indifférence.
Pain, beurre, citron.
J'ai gobé mes lâchetés. On se trouve parfois pris dans des courants contraires, et voilà que le sable tourbillonne, aveugle. Le petit poisson se met alors à frayer avec les poissons-loups pour conjurer sa peur, ou bien se cache, tremblant, derrière un rocher. Lâcher prise, lâcher toutes mes méprises, oublier même mes lâchetés.
Pain, beurre, citron.
J'ai gobé ma colère. Gobée je l'ai, ma colère ! Paix des huîtres, paix sous mèr aux enfants du silence. Pain, beurre, citron.
J'ai tout gobé vous dis-je, de cela qui m'a fait mal, et du mal que j'ai fait.
J'ai même gobé la raison, la saleté de raison. Il faut raison jeter par dessus les blés, s'astreindre à vivre en toute déraison. Pain, beurre, citron.
J'ai encore gobé quelques illusions, qui me collaient.
Et enfin je me suis senti en paix.
La dernière huître, petite huître dans l'assiette, comme une offrande, m'offrait sa rédemption, j'ai hésité, j'avais déjà tout gobé, tiens celle-là c'est pour j.michel j'ai pensé en souriant. Toute fine, bien maigre. Un petit goût, quand même...

Quand K est rentrée au soir à l'appartement j'étais enfermé dans les toilettes, tremblant, le front trempé de sueur. Je me vidais, excusez-moi. En geignant.
Elle a toqué contre la porte, inquiète ‟Ca va pas, Abou ?ˮ
‟Je m'ai fait la paixˮ j'ai réussi à marmonner.
‟Tu t'es fait lapider, Abou ?ˮ qu'elle s'est exclamée ! ‟Dans la rue ?ˮ
‟Non, la paix, la paz, je me suis signé la paix … En dégustant des huîtres au Revenez-y, cet aprem !"
‟Ah d'accord, et elles étaient pas fraîches c'est ça ? Oh la la, Abou, pauvre chou !ˮ
‟Non, elles étaient très bonnes, juste la dernière, mais j'ai pas fait gaffe, la petite dernière tu comprends ! La j.michel !ˮ
‟La j.michel, comme j.michel, celui du blog ?ˮ
‟Ouais, celui-là.ˮ
‟Ah zut ! Et la paix alors Abou ?ˮ
Ben c'est pas gagné... »



 
 

Pour en savoir plus sur la distribution des rôles :

"La secte à Kamile "

 

(*) appelée à la barre comme témoin de moralité par Bruno de La Rocque, bien connue pour être une excellente maîtresse des malhonnêtetés.


26/07/2017

La Présidente de l’Assemblée Nationale nous parle du gouverneur (de la France)


carole-bureau-bonnard.jpg

C’est assez bonnard, sauf que pour le fonctionnement du bureau de l’Assemblée Nationale, c’est plutôt brouillon. Ce jour là Carole Bureau-Bonnard présidait l'Assemblée Nationale.



lu dans le rapport officiel des débats :
« Mme la présidente. Je prends note de votre remarque, monsieur le député. J’ai simplement omis de rappeler l’avis de la commission et du Gouvernement. »


mais en vidéo :
 




 

la vraie citation est :
« lorsque j’ai fait l’appel au vote je n’ai pas rappelé les avis ni de la commission ni du gouverneur »




09/07/2017

Le coup fourré de Netanyahou


« Le Premier ministre compte faire avaliser par les Américains puis par les Israéliens, à la faveur d’élections anticipées, un plan qui ne concéderait aux Palestiniens que 40% des territoires occupés, en rupture avec les accords d’Oslo »
De notre envoyé spéciale en Israël, Josette Alia



Photo de Nackstrand-AFP « Benyamin Netanyahou. « Bibi » raisonne en circuit fermé, sans se soucier des réactions de ses partenaires-adversaires palestiniens qui jouent leur survie nationale. »

Photo de Alan-AFP « Militaires israéliens après la destruction d’un village palestinien près d’Hébron l’été dernier. Pour Arafat, si les pourparlers de Washington échouent, tout peut arriver, y compris une reprise de l’Intifada. »

Un article publié dans le Nouvel Obs n°1733 du 22 janvier 1998.

Réflexion prémonitoire de Josette Alia : « Il [Benyamin Netanyahou] reste au pouvoir pour des années, ce qui est, semble-t-il, son souci principal »

20 ans après, il est toujours au pouvoir, et son souci principal est toujours de rester au pouvoir.

Autre extrait :
« Ils [les Israéliens] n’ont toujours pas confiance dans les Arabes, surtout les juifs d’origine marocaine, qui assurent : « Nous avons vécu en milieu musulman. Nous on les connaît, ce n’est pas le cas des ashkénazes européens, qui ne comprennent rien à la mentalité orientale. » »


et aussi :
« Shimon Peres : « Il y a toujours eu une droite et une gauche en Israël, et chacune a toujours essayé d’avoir le soutien des religieux pour se faire élire. En conséquence, les religieux sont devenus de plus en plus fort… et de plus en plus extrémistes. Si nous ne changeons pas nos structures politiques, nous allons continuer à courir derrière eux et nous allons tous devenir leurs victimes. » »


une sorte de plaidoyer contre les élections législatives au scrutin proportionnel.